03 sept. 2007
VERDUN MAI 1916 LA COTE 304
Cote 304, AVOCOURT du 5 Mai 1916 au 21 Mai 1916, c'est là que le 125ème Régiment d' infanterie entrera dans la fournaise de VERDUN, sous les ordres du Général Pentel puis du Général Curé commandant le 9éme corps. Il aura pour mission de reconquérir la côte 304 et de la tenir sous des bombardements incessants d'obus de tous calibres et à gaz. Comme à l'accoutumée le 125ème a su faire face. Il a barré la route aux envahisseurs. Par son allant et sa tenacité, le 125ème Régiment d'infanterie sera cité à l'ordre de la deuxième armée. Mais le bilan sera lourd, en ces quelques jours, le régiment aura laissé bon nombre de son effectif, sur cette coline sanglante. Grace au sacrifice des 125éme et 114éme RI ,la cote 304 restera francaise.Elle marquera l extréme avance allemande en direction de Verdun.Le 125éme a été digne de ses anciens de la Bérézina.

Le secteur que le 125ème régiment d'infanterie aura à reconquerir et tenir: la cote 304. Elle est aux vues directes de l'ennemi et sera aprement disputée par les deux parties. Les allemands voulaient s'en emparer, pour en faire un point d'appui pour leur offensive, en vue de la prise de Verdun. Les francais ne voulaient pas la lacher afin de leurs barrer la route. Cette position a été prise. perdue, reprise, reperdue reconquise...toujours au prix de lourdes pertes..
photos prises par Mr jean luc Kaluzko
(merci à Mr JEAN LUC KALUZKO pour ces photos)
Le 16 avril le régiment debarque par fractions à Sommeille,Hettancourt et Revigny.
Le regroupement total du 125éme se fait à Laheycourt.
Le régiment rejoint Marat la grande et la petite, et Erize.
Le 5 mai 1916, le 125ème arrive en compagnie du 114ème par la route qui descendait vers Chaumont sur aire, Blercourt et Dombasle en laissant le village D'Esne ou du moins ce qu' il en reste,sous un bombardement effroyable.
voici le chemin emprunté par nos braves
(merci à Mr Jean luc kaluzko pour ces photos)
Le village D'Esnes est franchi aux prix de pertes sensibles, par les obus qui arrivaient "comme on égrennait un chapelet".
Positions occupées par le 125émeRI au 05 mai 1916:
1er Bataillon: une compagnie au réduit"D" une autre à droite 2 au "boyau de la Rascasse"
3éme Bataillon: deux compagnies en avant de la tranchée D Aix -boyau des Martigues melangées avec des éléments du 290-268-114émeRI.Une compagnie à droite des unités de 2éme ligne du 1ér bataillon dans le boyau de la Rascasse
2éme Bataillon: en Reserve dans les ouvrages du moulin D Esnes
Le 6, le régiment fort harrassé, aborde vers 4h du matin, le pied de la côte 304, où d'autres unités du 9 CA se sont faites décimer. Le bombardement est tel, que la relève du 290ème RI ne peut avoir lieu. Toute tentative de mouvement est intentable, mais les hommes s'installent tant bien que mal. De nouvelles positions sont creusées et aussitôt détruites par le martèlement de l'artillerie, avec des obus de gros calibre.
De ses positions, le régiment apperçoit au travers de la fumée, les pentes du Mort Homme et d'Avocourt qui subissent le même traitement. Au soir du 6 mai, le deuxième bataillon CBA BERTHOIN)compte plus de 20 morts, 80 bléssés et 74 disparus... Et ce, sans combattre. Le 7 mai vers 15h30, après une intense préparation d'artillerie ,l'ennemi débouche de ses positions,en provenance du bois Camard et jusqu au ravin de la Hayette en nombre important .Il est rejeté aussitot aprés de furieux combats au corps à corps. Les tirs reprennent de plus belle et vers 16h, ils cessent. Les allemands sortis,d'on ne sait d'où, attaquent le centre du dispositif encore tenu par des unités du 290ème RI qui ne sont pas relevées.2 compagnies du 125éme accourent afin de preter main forte au 2.90.Les allemands n insistent pas et se retirent en laissant leurs morts sur le terrain.
Les tirs d'artillerie reprennent de plus belle.Les armes sont couvertes de boues, tordues,les grenades sont entérées...Ces tirs d artillerie ennemie avaient pour but d'isoler la côte 304, pour couper toutes les communications et empècher ainsi les relèves.Sous ces bombardements terribles certains, souhaitaient d etre faits prisonniers pour ne pas a avoir à endurer ces terribles épreuves.les gars n avaient pas étés ravitaillés.A bout de forces physique et morales un certain nombre de jeune soldats juste incorporés au sein du régiment abandonnérent les positions.Avisé le Lieutenant colonel Oudry sort de son Pc et, sous les éclats d obus ,sans armes sans les menacer il leur parle ,les réconforte. Devant cette attitude les jeunes accompagnés de leur chef de corps rejoignent leurs positions ,galvanisés ils feront leur devoir sans fléchir.
Presques soulagés, les gars, ivres de poussière, de bruit, ayant une soif intense, attendent enfiévrés l'ennemi et ouvrent un feu nourri. Les armes souffrent et il n etait pas rare que les poilus empruntent..aux morts leurs fusils Même les bléssés se sont joints aux camarades. Sous l'avancée allemande, le 3° Bataillon, dont le chef à été grievement bléssé(CBA BAFFET) et 3 commandants d'unité tués les Capitaines Kieffer Bourgeois et Douglas, est pris à revers et, cède un peu de terrain en concédant des prisonniers. Les 1° et 2° compagnies épaulées par les 3°et 4° se mettent en marche, afin de dégager le 3°bataillon.Les allemands étaient parvenus à 50 metres du pc du Colonel Oudry qui,revolver et sabre à la main et rassemblant tous les hommes qui l accompagnaient(liaison pionniers agent de transmission), ordonne et participe lui meme à la contre attaque.Cette action galvanise le restant des troupes et,le 2° Bataillon se lance sur les éléments ennemis infiltrés qui s'étaient déjà installés. Cette manoeuvre hardie dégage le 3° Bataillon de l'emprise allemande. Les compagnies du 2éme bataillon arrivent même à opérer une jonction avec la 4° compagnie. Vers 15 heures la 5° compagnie parvient à gagner 60 métres sur l ennemi. Les hommes aménagent les positions conquises. Vers 19 heures les 1° et 3° bataillons après un effort soutenu, difficile mais efficace, encerclent les allemands. 3 officiers, plus de 100 hommes de troupe, du matériel sont ainsi capturés, des prisonniers francais sont délivrés. Ne pouvant étre relevé les unités s'enterrent sur place.
Le 8 mai au matin, les allemands tentent une contre attaque, mais devant la détermination de tous, le 125ème ne lache rien. Sous les feux combinés des fusils et mitrailleuses ,l' ennemi échoue dans sa tentative, abandonnant de nombreux tués. Le bombardement recommence, la liaison perdue un instant avec l'unité voisine nécessite un point défensif organisé par la 11° compagnie. Sous le bombardement les hommes creusent et aménagent les positions.Les allemands refluent vers leurs lignes de départ et sous l'action de la 6° compagnie, laissent quelques prisonniers pour la plupart bléssés. La nuit se passe sous le feu de l'artillerie adverse, causant la perte de 10 hommes tués et bléssés à la 7° compagnie. Le 9 mai l'ennemi concentre ses feux sur le ravin, séparant Esne du mort homme et de la cote 304, voulant manifestement priver le régiment de communication,de ravitaillement et de géner considérablement l'évacuation des bléssés.
Les hommes souffrent cruellement de la soif dans cet air alourdi par les explosions, l' odeur de cadavres et des obus toxiques. Les munitions atteignent un seuil critique. Le 10 mai vers 3h30 du matin, les allemands abordent par le secteur du 3°Bataillon, les positions du 125ème. Prêts, les poilus tirent les mitrailleuses judicieusement placées et intactes entrent en action, les allemands refluent vers leurs positions. L'attaque ennemie échoue.Au matin, le régiment est resté maitre de ses positions en assurant ainsi la possession du versant nord de la cote 304. L'artillerie ennemie matraque nos positions. Le 12 mai, le régiment est relevé par des éléments de la 45ème DI(3éme bis de Zouaves). la relève se fait sous un tir incessant d'obus de tous calibres, provenant des batteries ennemies, situées sur les positions avoisinantes.
(collection DMD86 125éme RI)
Le régiment regagne Jubécourt et Ville sur Cousance afin de s'y tenir en alerte et pour y être recomplété par des jeunes de la classe 16.
Il a couté au 125ème : 230 morts, 510 bléssés, 103 disparus soit 843 hommes manquants à l'appel. Triste épisode, pour seulement 6 jours de combats. Le 18 mai les 2° et 3° bataillons reviennent en ligne afin de soutenir l'attaque de la 45° DI sur les pentes d'Avocourt.Au cour de cette montée en ligne le 2éme Bataillon devra "jouer de la crosse" en gagnant ses positions.Des tirailleurs Sénégalais, pris de panique, fuyaient le combat sous les obus à gaz en ayant abandonnés tout le matériel.Le 2éme Bataillon occupe leurs positions.Déployés en tirailleurs les poilus du 2éme Bataillon font face à la furia ennemie., qui d ailleur n insiste pas, et se retire sur ses positions.Le 2° Bataillon restera en ligne jusqu au 22 mai.Un incident fort regrétable est survenu durant cette période.Un avion allemand survola les positions au chateau D Esnes.
Il fut abattu. Quelques instants plus tard, un déluge d artillerie s abat et tombe sur le dépot de munitions.
le chateau D Esnes qui servait de poste de secours
Le régiment est relevé complètement le 25 mai et, part ce jour sous des bombardements intenses. Il embarquera à la gare de Saint Eulien et
cantonnera à Saint Dizier d'où il gagnera la Champagne le 1 juin .
Suite à l'affaire de la côte 304, le 125ème régiment d'infanterie est cité à l'ordre de la deuxième armée par le Général NIVELLE.
" le 125ème RI, qui le 7 mai 1916, sous le commandement du Lieutenant-Colonel OUDRY, après avoir supporté un bombardement d'une violence inouie, a rejeté par une violente contre-attaque, des ennemis en nombre, lui faisant plus de cent prisonniers."
En face du 125ème et du 114ème, il y avait la 4°DI allemande renforcée par le 1°RI du VI CR. Ces unités ont tout d'abord, reconnues les positions et ont attaqués malgré le tir de barrage Francais, surprenant ansi les éléments avancés.Refoulés dans un premier temps ils ont vers 18/19H repris les attaques faisant des prisonniers aux 125ème et 114ème RI. Certains de leurs éléments ayant été isolés et capturés. Le VI CR allemand ne tenait plus qu'un front de 700 mètres avec les 11° et 12° DR bavaroise. Ces unités durement éprouvées, n'étaient plus en état de tenir. Elles ont été renforcées par les 38°DI et 54°DR. A sa relève, la 11ème DR ne comptait plus qu'un effectif de 7 compagnies,(source GENERAL COLIN, la côte 304 éditions PAYOT).
ILS se sont affrontés dans le bruit, les fumées des explosions voila ce qui restait de la cote 304 après ce terrible affrontement.Combien sont encore "là dessous" disparus à jamais,recouverts par les arbres ??Laissons les en paix et si nous retrouvons leurs restes au grés de nos promenades remettons les avec leurs camarades dans les ossuaires.RESPECTONS LES!!!!!Ils ont donnés pour nous
Un hommage vibrant était adressé aux hommes du 9ème corps d'armée décimé pendant cette période, au cours d'une messe célébrée le 6 juillet en voici le texte
(sources DMD86-archives du 125eme RI)
VOILA CE QUI RAPELLE LE SACRIFICE DE TOUS NOS BRAVES SOLDATS FRANCAIS TOMBES A LA COTE 304
LA LISTE DES MORTS POUR LA FRANCE DANS CES COMBATS













































