20 févr. 2017

L'offensive victorieuse, la poursuite, La fin de 52 mois de guerre

 

             110_D_Arras_a_Noyon_Le_Coup_de_Balai          

la victoire en marche

    

  Num_riser0008      

          Le 18 juillet 1918, débutait l'attaque générale des troupes alliées consécutivement à l'offensive Mangin. De cette offensive, qui devait, 4 mois plus tard, mener les alliés à la victoire finale, le 125ème régiment d'infanterie, placé sous les ordres du General Garnier Duplessis commandant le 9éme Corps, se couvrait de gloire.

GARNIER DUPLESSIS

Deux nouvelles citations à l'ordre de l'armée venaient s'ajouter à celles gagnées, et le régiment se voyait attribuer, le droit au port de la fouragère, aux couleurs de la médaille militaire. Le Bois des gueux, Ham, Essigny le grand, Bernonville, Hannappes, la forêt de Nouvion, Rocquigny, la frontiére de Belgique là, où l'armistice trouva le régiment. Tel est le dernier parcours du 125ème régiment d'infanterie pour la campagne 14/18, où il a vu ses effectifs fondre, comme tous les régiments de France, en 52 de mois de Guerre..

  Le ruisseau des Trois Doms-Pierrepont.

        Le 8 juilLet, quand l'offensive fut déclenchée,le 125ème RI se trouvait à Grivesnes depuis le début du mois. Le régiment reprit l'avance, en progressant sur l'axe Malpart, Bois de Bouillancourt,Hargicourt, Pierrepont. Des patrouilles de reconnaissance sont envoyées au village de Pierrepont. Tous les comptes rendus font état de l'importance du dispositif ennemi. Le chef de corps décidait alors d'attaquer Pierrepont vers 20h30.

soulignés en rouge les objectifs du 125èmeRI pour la pèriode du 8 juillet 1918 au 12 août 1918. Sa limite de bon était ROYE.

La progression du régiment du 11 août au 12 août 1918

Num_riser0003

  les combats pour le village de Pierrepont

pierrepont_village

Pont_blanc_1927_1_

          La situation de ce village tout en longueur était complexe. Il était bordé par un ruisseau qui se divisait en 2 bras, en formant un marais de 150 mètres de large. A son sud une passerelle minée enjambait le ruisseau et de plus, était protégée par des maisons organisées en nids de mitrailleuses.

pierrepont_passerelle

         A son nord, la route était coupée en 6 points, sur 300 mètres de long et dominée par un moulin qui lui aussi était fortifié par les allemands.

pierrepont_moulin_st_riquier

          L'accès au village était interdit par des feux de mitrailleuses, dans des tranchées fortement occupées. Telle était la situation qui se présentait au 125ème. L'attaque fut lancée par le 2ème Bataillon appuyé à son nord par le 1er ,le 3ème étant en réserve. Surpris par l'avance soudaine du 2ème bataillon, l'ennemi effectuait une retraite précipitée, en oubliant de faire sauter la passerelle, au sud du village. La 6ème compagnie voulut déboucher sur la route, mais elle fut stoppée par les mitrailleuses qui tiraient des maisons. Le 8 août, après une préparation d'artillerie le 125ème se porte à l'attaque, en utilisant les 3 passages du ruisseau. La 5ème compagnie, bien que génée et ne pouvant déboucher qu'homme par homme, réussit à passer entièrement pendant la nuit,  en luttant pied à pied, elle enlève les maisons au sud du village qui protégeaient le pont. Au centre du dipositif,le 1er bataillon, engageait la 3ème compagnie qui réussissait à faire gagner la rive droite du ruisseau, à trois de ses sections sous les feux croisés de l'ennemi. La 2ème compagnie réussissait à s'emparer du moulin neutralisant ainsi les mitrailleuses.

pierrepont_le_moulin

         Grace à ce succès,les 1ère et 4ème compagnies s'infiltrèrent et opérèrent un nettoyage du village, qui sera aux mains du 125ème, du pont jusqu'à l'église.

ruines_1919_1_

pierrepont_centre_2

         Le lendemain, le 1er bataillon, en liaison avec le 2ème s'avancait et atteignait les carrières au sud de Saint Riquier. Les 2ème et 3ème compagnies restaient clouées aux derniéres maisons de Pierrepont, sous le feu des mitrailleuses provenant des flancs de la route de Boussiécourt. Le 3ème bataillon, dans la soirée du 9 août s'engageait sur la passerelle du ruisseau et débouchait du village à cheval, sur la route de Boussécourt, face aux bois des Gueux.

citation_ville_de_pierrepont

          Dans la soirée le 125ème reçut l'ordre de rejoindre Roye. Sur son axe de progression, il devait enlever aux allemands le bois des Gueux, les bois des Moines, Marquivilliers, le ravin des Cuisines, Armancourt. Le 10 aout, le 3ème bataillon recut l'ordre de se porter en avant et, après avoir dépassé les positions tenues par les 1er et 2ème Bataillons, se porter à l'attaque du bois des Gueux. Cette position était tenue solidement par les allemands, qui arrêtaient la progression par des tirs de mitrailleuses, qui prenaient en enfilade la route de Boussicourt et interdisaient tout mouvement dans la vallée. La 9ème compagnie, baïonnettes aux canons enlève son objectif du côté droit de la route, la 10ème nettoyait les pentes nord, garnies de mitrailleuses. En une heure, le bois des Gueux était aux mains du 125ème.

         Fier de son élan le 3ème bataillon poursuivait sa progression sur le bois des Moines, couvert sur ses flancs par les deux autres bataillons. L'ennemi n'opposait aucune résistance le bois des Moines était pris ainsi que le village de Ligniére ,les abords de Marquivilliers sont atteint.

marquivilliers_somme

        Le bataillon entreprenait de déborder ce bourg par son Est mais l'ennemi accueilli par des tirs d'artillerie les éléments de tête qui durent stopper la progression. Le 11 à la faveur du brouillard la 9ème compagnie, reprenait  sa progression et pénétrait dans le ravin des Cuisines en atteignant les crêtes sud du village D'armancourt, sous de violents feux d'artillerie. Cette unité enlevait à la baionnette Armancourt et capturait plus de 50 prisonniers, 25 mitrailleuses, 2 minenwerfer.

armantcourt

          Dans la soirée ,le 1er bataillon, qui avait reçu pour mission de s'emparer des crêtes qui dominaient Armancourt, fut stoppé par des feux d'artillerie, et cloué sur place. Ses unités durent organiser des positions sous les feux ennemis. Suite à cet épisode, le 125ème fut mis en réserve. Le bilan était lourd. Plus du tiers de son effectif était tombé, dont 20 officiers. Il fut envoyé au repos à Conty pour n'y être recomplété que partiellement.

conty

     La poursuite Ham - Tugny - Essigny le grand - Dallon

Num_riser0004

          Le 3 septembre, les camions débarquent le 125éme à Roye bourg  que le régiment n'avait pas pu aborder au mois d'aout

roye

        le régiment, prend position précisément à hauteur du canal du nord.Ses positions sont les suivantes :Breuil-Moyencourt-La Fourchelle.

Num_riser0022

          Le 4 septembre au matin,le 3ème bataillon progresse en dépassant Buverchy abandonné par les allemands et établi ses avants postes aux lisières du village D'Humbleux. Le 5 septembre, Humbleux est pris et occupé. Le régiment attaque Canizy et en dépit de violents bombardements et l'emploi de toxiques, le 125ème réussit à poster des éléments du 1er Bataillon, le long de la vieille Somme et du canal de Saint-Quentin, face au village de Viefville. Ce village ne peut etre abordé, les allemands ont fait sauter tous les ponts. Le lendemain, la progression est reprise, Offoy, Viefville sont pris et dépassés.

 

Num_riser0005

offoy2

          Les éléments de tête du 2ème bataillon se heurtent à une ligne de mitrailleuses.Le 1er Bataillon qui progressait en appui du second, détache la 1ère Compagnie qui entreprend de déborder ces emplacements, par les couverts qui bordent la rive droite du canal. Cette manoeuvre  a eue pour effet, de forcer les allemands au repli. Le reste du 125ème continue sa progression. St Sulpice est pris, ainsi que Ham par le 3ème Bataillon. Ham était dynamité par les allemands qui avaient pris la précaution de faire sauter les digues aux alentours..

ham1

ham

ham4

Num_riser0002

    Num_riser0003

ham

       L'ennemi s'est replié sur les crêtes environnantes et complique la progression.Le 125éme est arreté aux lisières du village de Pithon. Les allemands  avaient détruit le pont d'accés au village.Ce bourg sera pris le 7 septembre. 

Num_riser0002

Num_riser0009

         Sur sa lancée le 125ème reprend sa progression et les 2ème et 3ème Bataillons enlèveront successivement, Dury et Tugny et s'arrêtera, face aux 2 bras du canal, de Saint Quentin.

Num_riser0007

        Le 1er bras du canal est traversé sur une péniche en feu, qui était là pour masquer le mouvement. Le 2ème bras est plus difficile à franchir.Cette coupure est prise d'enfilade par les mitrailleuses et le pont qui le franchit, est détruit. Le 1er Bataillon aprés avoir assemblé pèle-mêle des madriers et matériaux de toutes sortes, réussit le franchissement et s'établit, face à la coupure formée par la rivière. Au moment ou le 3ème bataillon s'engaga,l'ennemi déclencha un véritable tir de barrage. Quelques éléments purent franchir le pont de fortune et installer sur des positions en avant, mais le reste du bataillon a dû faire demi tour, en comptant de malheureuses pertes. Le 1er Bataillon subissait un pilonnage en règle et était attaqué, mais au bout du compte, il conservait ses positions. Le reste du 125ème franchissait de nuit, le 2ème bras du canal et reprit la progression.Il fut arrêté par les mitrailleuses ennemies. Le 1er Bataillon culbutait les allemands en progressant par d'anciens boyaux et se rendait maître des positions et les aménagea. Le 3ème qui suivait, rompait la ligne des allemands et continuait sa progression suivi par le 2ème Bataillon qui enlevait le village D'Artemps, et se portait en direction de Grand-Séraucourt, qui était enlevé par le 2ème Bataillon.Le 125ème fut stoppé dans sa progression ,et mis en réserve d'autres régiments de la 152éme DI

Num_riser0008

         Le 20 septembre ,le 125éme est de nouveau sur la brèche.Le 2éme Bataillon est aux prises avec les allemands dans un dur combat mais, malgre tout arrive en vue de Castres.Ce village est fortement tenu, et le combat qui s'y engage est trés rude. En fin de soirée, maisons par maisons ,le village est aux mains du 1ér bataillon.Les allemands laissent de nombreux morts et prisonniers ainsi que des mitrailleuses.Le 1ér Bataillon reste dans le village, les 2 autres le dépassent et s'installent sur des positions avancées conquises.

         Dans la nuit du 20 au 21, le 1er Bataillon, reprend sa progression,relève le 2éme sur ses positions,qui,lui,reléve des fractions du 135éme

Capture 5

         Le 22 septembre, le 3éme Bataillon,gagne Essigny le Grand qui sera pris que trés tard Les allemands employant des toxiques.La 11éme compagnie à 2 sections hors de combat.

Num_riser0004

          Le 24 à 5 heures du matin les 1ère-3ème-5ème-6ème-7ème compagnies soutiennent par leurs attaques, des éléments du 36ème corps d'arméee sur Dallon et L'Epine de Dallon. Les allemands réagissent violemment, en employant de l'ypérite.

           Le 29, le 125ème est mis en soutien, et le 3 octobre, il cantonne à Ham pour 15 jours où il sera cité à l'ordre de la 1ère Armée pour les combats, du 8 au 11 août 1918.

    " le 125éme Régiment d'infanterie, sous le commandement du Lieutenant-Colonel Maurel,a les 8 et 9 août 1918, réussi à forcer le passage d'une rivière malgré la défense formidable que l'ennemi avait accumulée pour en interdire l'accès, et à s'emparer d'un village fortement organisé, poursuivant ses succès les 10 et 11 août, a rompu la résitance de l'ennemi, et a progressé de 12 kilomètres, faisant 300 prisonniers et capturant de nombreuses mitrailleuses et un important matériel".

          legénéral Debeney commandant la première Armée

Les combats de Bernonville,Aisonville,Grougis

Num_riser0006

          Le 3 octobre, le 125éme régiment d'infanterie était relevé de ses positions et cantonnait à Ham.

          Du 15 au 17 octobre,par étapes,le régiment remonte en ligne vers Fieulaines et Fontaine Notre Dame.Il est placé alors en soutien d'attaque les 17 et 18 octobre des 64éme et 15éme DI dans la région de Montigny Carotte,Bersonville ,Aisonville.Le 18 il attaque le village de Longchamps .

aisonville_bernoville

        l ennemi, s 'est enfuit  le village est pris sans combats.Mais dans sa fuite, l ennemi à fait sauter les ponts sur l'oise les routes .Dans une nuit particulierement claire ,des avions frappés de la croix noire bombardent les bivouacs et les routes, causant au 2éme bataillon quelques pertes.

         Le 19 octobre le 125éme s'empare de Grougis ou les allemands abandonnérent des batteries d'artillerie et du matériel.

grougis

Les combats de Tupigny,Hannapes,Iron,Dorengt,foret de Nouvion,Rocquigny, Fourmies

hannappes

         le 25 octobre, le 125éme est en position face au canal de la Sambre à l'oise.Les allemands se sont solidement retranchés, et arrosent les emplacements avec des émissions de gaz et des obus chargés à l'Yperite

        Le 4 novembre à 5h30 l attaque Francaise se développe précédée par une grosse préparation d'artillerie et des émissions de fumée.L'objectif du 125éme est de s'installer sur l autre rive du canal et de poursuivre l ennemi.Le 2éme bataillon à recu l'ordre de franchir le canal en premier.Ce sera chose faite sur des passerelles mises en place par le 3éme régiment du génie, et au moyen de radeaux en toile.Le mouvement à totalement surpris l ennemi qui ne s attendait pas à recevoir une telle concentration de troupes.Les allemands , malgré une défense acharnée laissent un bon nombre de prisonniers et du matériel aux mains du bataillon.A9h le 3éme  bataillon dépasse le 2éme et continue l'attaque.L'ordre est donné au 125éme de stopper  ses actions.Les autres unités qui participaient aux attaques étaient aux prises avec un ennemi qui retardaient le mouvement.Cependant la 11éme compagnie,stoppait une contre attaque allemande ce qui permettait au bataillon de garder ses positions et, meme à dépasser la route de Valenciennes.

        Le 5 novembre à 5h45 le 3éme Bataillon reprenait sa progression.Le 1ér recut l ordre de prendre le village D'Iron,le 2éme restait en soutien d'attaque.tandis que le village D'Iron tombait ,le 3éme Bataillon tombait dans une embuscade au nord de Petit Dorengt.Le 2éme intervenait prenait ce village vers 18heures.

        Le 6 novembre le régiment reprenait sa progression en direction de Grand-Wez ou les allemands avaient abandonnés le village.Le nouvel objectif du 125éme fut la foret de Nouvion

Num_riser0008

         Les allemands avaient fait sauter ponts, routes et carrefours ainsi que des grands arbres qui barraient la route genant ainsi notre artillerie ainsi que l acheminement du ravitaillement.Malgre cela et avec de multiples précautions dues aux pièges, le 125éme débouche face aux villages de Haie Payenne, Chevalet,Bois la haut, la Brasserie.Les allemands déclenchèrent des feux de mitailleuses interdisants tout mouvement.Ces tirs masquants la retraite allemande durérent toute la nuit et au petit matin se turent.Le 125éme conquiert ces villages.

          Le 10 novembre le 125éme se porte à Rocquigny et aux Hayettes à coté de Fourmies.La frontière Belge est franchie à plusieurs endroits.

           Le 11 novembre c est face à Fourmies que le régiment apprend la signature de l'armistice.Le cessez le feu est alors ordonnè

Voici la situation a l'armistice le 11 novembre

Num_riser0004

 

armistice

      Num_riser

Num_riser0003

   A 11heures cette musique retentissait sur l ensemble du front

cessez_le_feu (cliquez sur le lien)

   Un silence inquiétant envahit les lignes,les hommes sortent avec peine des emplacements.Les allemands, vaincus ont abandonnés la lutte.Fini les obus, les gaz..finie la mort.Tous ont le souvenir des camarades tombés......

         a1__1024x768_

         a2__1024x768_             

         dorgeles

         Le 14 novembre, par étapes et dans la liesse générale le régiment revient à pied à  Beauvais.Il y arrivera le 28 date à laquelle le derniere citation à l'ordre de l' armée lui est attribuée.Cette citation la quatrième donne le droit au régiment de porter la fourragére aux couleurs de la médaille militaire 

         "Le 125éme régiment d'infanterie,superbe régiment qui depuis le début de la guerre s'est couvert de gloire en Belgique,sur la Somme et à Verdun;cité à l'ordre à la suite des durs combats de la cote 304 prend en 1918, une part importante aux opérations de la 1ére Armée;cité une deuxième fois pour avoir enlevé les positions allemandes du parc de Grivesnes formidablement défendues(mai 1918);il est cité une troisième fois à la suite de l enlévement du ruisseau des trois Doms à Pierrepont(aout1918) et de l'avance rapide qui le conduit à 5 kilométres de Roye;en septembre il enléve successivement le passage du canal du Nord,celui de la Somme, s'empare de Ham,enléve le passage du canal de Saint Quentin à Tugny enfin le 4 novembre, dans une action d'une vigueur et une rapidité admirables il enléve le passage de la Sambre à Hannapes et en moins de 48 heures réalise une avance de prés de 18 kilométres faisant 500 prisonniers dont 12 officiers et capturant un important matériel non encore dénombré parmi lequel 14 canons, dont 7 lourds,20 mitrailleuses,et 5 minewerfer.

             Le général commandant la premiere Armée Debeney

 

         Num_riser0001

 

          111_001_1_

 

Posté par christian57 à 20:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]